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Préserver l'activité des buralistes en renforçant les moyens de lutte contre le commerce illicite des produits du tabac

Patrick Hetzel vient de cosigner une proposition de loi visant à préserver l'activité des buralistes en renforçant les moyens de lutte contre le commerce illicite des produits du tabac

Le volume des achats de tabac réalisés en dehors du monopole de distribution de l'État ne cesse de croître. Désormais, 30% des cigarettes proviennent du marché parallèle qui est pour l'essentiel illégal. Ce phénomène est lié à la contrefaçon mais aussi aux comportements des consommateurs qui n'hésitent plus à s'approvisionner sur le marché noir. Il est donc nécessaire de préserver l'existence d'une offre légale de tabac indispensable dans la mesure où elle garantit le contrôle par l'Etat de la fabrication, de la vente des produits et de la collecte des taxes. Il est important que la population soit consciente qu'en se fournissant sur le marché noir, les fumeurs mettent davantage en danger leur santé. De plus, le marché parallèle met en échec les politiques publiques qui ont pour objet de réduire la consommation de tabac. En effet, les fumeurs qui se fournissent sur ce marché se trouvent par définition « hors champ » d'une politique de santé :

- Ils sont insensibles aux campagnes d'information les incitant à réduire leur consommation,

- Ils se trouvent d'autant plus exposés aux risques de cancer ou d'addiction,

- Ils sont indifférents aux politiques fondées sur l'augmentation des prix en France.

 

Victime de cette situation par ricochet, les buralistes sont de plus en plus nombreux à fermer leur établissement. Les conséquences de ces fermetures pour notre pays sont néfastes en termes d'emploi, mais aussi en termes de cohésion sociale et de service à la personne, puisque dans beaucoup de villages les tabacs sont les derniers commerces de proximité. Nous assistons impuissants à la fermeture de milliers de débits dans les départements frontaliers, abandonnés par des fumeurs bien organisés désormais pour acheter moins cher leur tabac à l'étranger. Le manque à gagner pour les buralistes est d'environ 250 millions d'euros.

Enfin, l'Etat perd également des recettes très importantes, environ 3 milliards d'euros par an. Nous assistons en outre au discrédit de l'autorité publique, impuissante à faire respecter la loi : trafics aux frontières, vente à la sauvette, multiplication des sites de vente de tabac sur internet.

Aussi, cette proposition a-t-elle pour objet de lutter contre le commerce illicite des produits du tabac afin notamment de préserver l'activité de nos buralistes tout en agissant pour la santé de la population.

 

L'article 1 crée une circonstance aggravante pour le vol lorsqu'il porte sur les produits de tabac manufacturés.

L'article 2 est relatif à l'infraction de commerce de marchandises contrefaites. Il est proposé de créer une circonstance aggravante de l'infraction pour les produits du tabac manufacturés.

L'article 3 crée une circonstance aggravante pour le recel lorsqu'il porte sur les produits de tabac manufacturés.

L'article 4 traite de la contrebande. Il est proposé de durcir les peines pour le commerce illicite des produits du tabac afin de créer un véritable effet dissuasif, en intégrant ce type de commerce à ceux qui concernent des « marchandises dangereuses pour la santé, la moralité ou la sécurité publiques ».

L'article 5 est relatif à la vente à la sauvette qui touche bien souvent les jeunes. C'est un aveu d'impuissance des autorités et une réalité sanitaire dramatique (vente aux mineurs, tabac de contrebande ou de contrefaçon). La volonté affichée de limiter l'entrée des jeunes dans le tabagisme devrait trouver dans la répression de la vente à la sauvette sa manifestation la plus forte. Très occupés par leur mission de sécurité aggravée par les contraintes du plan Vigipirate, les policiers et gendarmes n'ont pas suffisamment de temps à consacrer à ces trafics du quotidien. Il est donc proposé d'élargir aux policiers municipaux et agents de la ville de Paris l'habilitation à contrôler la vente à la sauvette.

L'article 6 vise à évaluer la consommation réelle de tabac. La consommation réelle de tabac par les Français est bien souvent confondue avec les ventes officielles dans le réseau des buralistes : on occulte de ce fait la consommation de produits provenant du marché parallèle. A ce jour, le marché parallèle est évalué chaque année par une étude privée. Or, par souci d'efficacité de la politique de santé publique, il est urgent de compléter et corroborer ces chiffres en confiant à un organisme spécialisé et officiel l'établissement de statistiques incontestables.