Les parlementaires alsaciens et la situation kafkaïenne de l'Indication Géographique Protégée (IGP) « Knack d'Alsace »

Réponse du Ministère de l'Agriculture, courrier du 11.01.16

jeudi 19 novembre 2015

Patrick Hetzel s'est rendu, en délégation avec ses collègues députés bas-rhinois Antoine Herth, Frédéric Reiss et Sophie Rohfritsch, au cabinet du Ministre de l'agriculture, mercredi 28 octobre, afin de faire un point de situation sur le label IGP concernant la knack d'Alsace et tenter de débloquer la situation.

 L'IGP « Knack d'Alsace » avait pour objectif la promotion d'un produit emblématique du patrimoine gastronomique alsacien, la knack. Hélas, force est de constater que pour l'I.N.A.O. (Institut national des appellations d'origine) qui a instruit le dossier, cette mise en avant conduit à ne pouvoir désormais utiliser le terme Alsace pour la knack, excluant de fait la possibilité de faire référence à l'Alsace sur tous les autres produits de charcuterie alsacienne. Or la knack ne représente que 15 % du chiffre d'affaire global des charcuteries alsaciennes. Considérant que cela leur serait très préjudiciable, alors que les IGP sont normalement des outils de valorisation et de promotion des produits, l'association pour la promotion de la charcuterie d'Alsace qui est à l'origine de la demande d'IGP pour la knack d'Alsace, a décidé de renoncer à la demande d'enregistrement de la dénomination « Knack d'Alsace » en tant qu'indication géographique protégée (I.G.P.) pour ne pas courir le risque de ne plus pouvoir faire mention de la référence à l'Alsace sur 85 % des produits charcutiers alsaciens. Notre délégation parlementaire auprès du cabinet du ministre de l'agriculture avait pour objectif de voir si des solutions pouvaient être trouvées par rapport à ce blocage majeur. Le cabinet du ministre de l'agriculture nous a indiqué qu'hélas il n'était pas possible de revoir le périmètre de la catégorie « charcuterie d'Alsace » et que si la knack d'Alsace obtenait l'I.G.P. dans cette catégorie « produits de charcuterie » cela excluait effectivement de facto la possibilité de la référence à l'Alsace sur tout autre produit charcutier que la knack. Toutefois, face à notre insistance, le cabinet du ministre nous a assuré qu'une réunion de travail serait prochainement organisée avec les professionnels concernés afin de trouver une solution concrète et opérationnelle qui puisse leur permettre de valoriser de façon plus importante, même sans I.G.P., la catégorie générique « charcuterie d'Alsace » à laquelle appartient la knack. Espérons que cette proposition permettra une issue positive à cette question importante pour la profession des charcutiers en Alsace qui représente plusieurs milliers d'emplois au travers de 7 entreprises industrielles et quelques 300 charcuteries artisanales.

 

mardi 22 septembre 2015

Le dossier de l'IGP Knack a été transmis en mai 2014 à Bruxelles par la France pour instruction en vue d'une validation définitive dans l'UE après consultation des autres Etats membres. Or, récemment l'INAO (Institut national de l'origine et de la qualité) a informé les charcutiers alsaciens que la charcuterie alsacienne dans sa grande majorité, ne devrait plus faire mention à l'Alsace dans ses dénominations ou ses présentations et ceci pour renforcer l'I.G.P. Knack d'Alsace et pour éviter toute confusion. Knack d'AlsaceCette conséquence aberrante de l'I.G.P. découlerait de la notion de « produits comparables ».
D'après l'analyse de l'INAO, seraient considérés comme « produits comparables » et donc susceptibles d'entraîner une confusion, tous produits ayant le même processus de fabrication que la Knack d'Alsace, à savoir : cutterage, poussage en boyau naturel et cuisson fumage.  Ainsi, les saucisses blanches,  cervelas, saucisse de viande, cervelas, leverwurst, saucisses à cuire, boudin alsacien etc…  ne pourront plus avoir la dénomination « … d'Alsace », ni être théâtralisés dans une vitrine, un catalogue, ni illustrés dans un menu !
Exit la référence à l'Alsace pour tous les produits de charcuterie autres que la Knack. Le risque est que les charcutiers alsaciens ne puissent plus vendre leurs produits majeurs en faisant référence à l'Alsace, ce qui est pourtant leur fonds de commerce. Triste pour une région gastronomique qui cherche à exporter sa charcuterie et à la vendre au-delà des frontières régionales.
Il est donc essentiel que l'administration française en revienne à une interprétation plus équilibrée des orientations européennes en matière d'I.G.P. Aussi, Patrick Hetzel cosigne avec ses collègues parlementaires un courrier au Ministre de l'agriculture, pour qu'une solution satisfaisante puisse être trouvée.