Enseignement Sup. | Recherche

Page 1 sur 2 : 1  2   | page suivante

Patrick Hetzel accueille le mathématicien Alain Connes

Dans le cadre du club parlementaire Science et Débats qu'il préside, Patrick Hetzel a accueilli le mathématicien Alain Connes, Médaille Fields et professeur au Collège de France pour débattre du thème : « Les mathématiques font-elles partie du monde réel ? ».

 

 

 

Patrick Hetzel a déposé une proposition de loi visant à garantir la liberté d'étudier dans les établissements d'enseignement supérieur

Université bloquéeLes mois de mars et avril 2018 ont vu se succéder dans les universités un grand nombre de « blocages », « grèves étudiantes », occupations et autres dégradations, décidées en « assemblées générales » dont le développement des réseaux sociaux et des vidéos amateurs permettent de constater chaque jour le peu de représentativité et la violence à l'encontre des étudiants qui refusent ces atteintes à leur liberté d'étudier.

Les nuisances pour les étudiants sont bien réelles puisque des centres universitaires se retrouvent empêchés de fonctionner correctement et, assez souvent, des violences inacceptables sont commises, comme par exemple le saccage du local de l'union des étudiants juifs par l'extrême-gauche au centre universitaire Tolbiac, la découverte de cocktails Molotov dans ce même établissement, les blessures oculaires graves infligées à l'un de ses fonctionnaires, victime d'un « piège à acide » à base de vinaigre, l'agression d'un député venu dialoguer avec les bloqueurs ou encore le saccage complet du centre universitaire Pierre Mendès France découvert après la libération des locaux suite à l'intervention des forces de l'ordre.

Les privilèges universitaires, remontant au moyen-âge, sanctuarisent en quelque sorte l'Université : les forces de l'ordre ne peuvent y entrer qu'à la demande du président de l'établissement. Sauf bien sûr en cas de flagrant délit qui relève de la procédure pénale classique et qui permet aux officiers de police judiciaire d'intervenir directement, sous le contrôle habituel du procureur de la République.

Un « blocage » d'une université par des personnes qui y sont étudiantes ou par des éléments extérieurs ne relève en réalité pas aujourd'hui d'une infraction pénale. On aurait pu penser que l'intrusion dans une université pour y troubler l'ordre public ou en perturber le fonctionnement était constitutif d'un délit. Mais les articles 431-22 et suivants du code pénal répriment le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l'enceinte d'un établissement d'enseignement scolaire sans y être habilité en vertu de dispositions législatives ou réglementaires ou y avoir été autorisé par les autorités compétentes, dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l'établissement. Et la Cour de cassation, dans deux arrêts remarqués du 11 décembre 2012 publiés au Bulletin, est venue préciser que les établissements d'enseignement supérieur ne sont pas des établissements scolaires et que l'incrimination de l'article 431-22 du code pénal ne trouve pas à s'y appliquer. En clair il n'est pas possible de poursuivre les auteurs d'une « intrusion » dans une enceinte universitaire avec les dispositions susvisées. Et, dans la même veine, il apparaît impossible, en l'absence de commission d'autres infractions autonomes, d'en appeler à l'arme pénale pour libérer des enceintes universitaires bloquées par la force par quelques groupes minoritaires mais très agissants.

La tradition et l'histoire des facultés françaises montre que celles-ci ont toujours fourni des amphithéâtres pour que s'expriment les débats politiques. Il ne s'agit donc pas de museler la parole des étudiants. Mais plutôt de donner les instruments pour empêcher que cette parole soit confisquée par quelques-uns au détriment de l'immense majorité des autres, comme les récents votes électroniques organisés à Nancy, Strasbourg ou à Sciences-Po l'ont démontré, où généralement plus de 70% des étudiants votent pour la liberté d'étudier dans leur université et contre les blocages, dans l'indifférence absolue des bloqueurs qui ont à chaque fois maintenu leurs actions malgré le désaveu cinglant du vote. Il est donc proposé la suppression du mot « scolaire » dans l'article 431-22 du code pénal. Ce qui aura pour effet de permettre l'application de l'incrimination à l'ensemble des établissements d'enseignement, y compris supérieurs. Ce petit changement permettra d'incriminer les opérations de blocages ou de déblocage sauvages des universités : les intrusions illicites et les blocages ayant pour but de troubler l'ordre public et le fonctionnement de l'établissement devenant des délits, la flagrance se continuant tant qu'il y a maintien irrégulier dans les lieux, les forces de l'ordre pourront intervenir immédiatement pour mettre fin aux occupations illégales, constater les infractions et interpeller immédiatement leurs auteurs.

Cette modification législative changera radicalement la donne et aura pour effet de supprimer cette navrante tradition de blocage des enceintes universitaires qui porte un préjudice très important aux étudiants, aux enseignants-chercheurs et aux autres personnels de l'enseignement supérieur.

 

 

Parcoursup oublie les élèves en situation de handicap

Lors de la séance des questions au gouvernement du mercredi 21 mars, Patrick Hetzel s'est inquiété de la non-prise en compte des élèves handicapés dans la nouvelle plate-forme d'admission dans l'enseignement supérieur PARCOURSUP :

 

M. Patrick Hetzel. Monsieur le Premier ministre, à marche forcée, vous avez décidé de remplacer, dès cette année, l'ancienne plate-forme d'admission post-bac par Parcoursup. Cela a une conséquence grave : les élèves de terminale en situation de handicap ne seront plus affectés selon une procédure spécifique. Auparavant, dans certaines académies, des commissions procédaient à un examen particulier des souhaits d'orientation des élèves handicapés. Ils bénéficiaient ainsi d'un traitement personnalisé. Désormais, il n'y a plus aucune mention particulière ; ils n'ont plus aucune possibilité de faire état de leur situation spécifique. C'est une véritable régression, très mal vécue par les familles de lycéens handicapés. Certains élèves ont subi des hospitalisations multiples et n'ont donc pas obtenu de notes durant plusieurs mois. Sachant qu'il n'est pas possible de l'indiquer de façon spécifique sur la nouvelle plate-forme, comment cela va-t-il être analysé ?

Devant les protestations unanimes des associations et des parents d'élèves, un message a été posté le 17 mars sur le compte Twitter de Parcoursup : « Lycéens ou étudiants en réorientation, si vous êtes en situation de handicap, n'oubliez pas de le préciser et d'exprimer vos besoins spécifiques avant de confirmer votre dossier. » Comment être sûr que cette mention ne va pas aboutir à des discriminations cachées ? Que se passera-t-il pour ceux qui choisiront de préciser qu'ils sont handicapés ? Comment vérifier qu'un établissement ne choisira pas un élève valide plutôt qu'un élève handicapé, puisque personne ne vérifiera les raisons du choix ? Monsieur le Premier ministre, dans votre précipitation, vous avez oublié les élèves handicapés. Il reste dix jours à tous les lycéens pour s'inscrire. Que prévoyez-vous pour réparer enfin cette injustice ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Monsieur Hetzel, vous étiez présent lorsque l'Assemblée nationale a examiné le projet de loi relatif à l'orientation et à la réussite des étudiants. Vous ne pouvez donc pas ignorer que cette loi, promulguée le 8 mars, a introduit des droits nouveaux pour les étudiants handicapés. En effet, grâce à un amendement défendu par la majorité, les étudiants handicapés pourront bénéficier, à partir de la rentrée de 2018 – cela n'avait jamais été le cas auparavant –, de l'inscription dans la filière de leur choix, directement par le recteur. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et sur quelques bancs du groupe MODEM.) Celui-ci pourra veiller à ce que cette inscription leur permette de réaliser leur parcours dans l'enseignement supérieur de la manière la plus simple et la plus accompagnée possible. L'objectif de cette loi est, vous le savez, d'accompagner l'ensemble des étudiants vers la réussite, y compris, bien entendu, les étudiants handicapés. Ma collègue Sophie Cluzel, secrétaire d'État chargée des personnes handicapées, et moi-même travaillons avec les associations pour préparer le décret d'application correspondant, de manière qu'il prenne en compte toute la spécificité de ces étudiants. La possibilité de se signaler comme étudiant handicapé, que vous avez mentionnée, existait dans le cadre de procédures particulières et locales, qui étaient le privilège de cinq académies – et seulement cinq – en France. C'est maintenant un droit que nous avons étendu à l'ensemble de ces étudiants. Nous avons souhaité l'étendre par la loi ; nous sommes allés plus loin grâce à un amendement proposé par la majorité, en faveur duquel se sont exprimés l'ensemble des députés présents sur ces bancs au moment de son vote. Le résultat, c'est donc en réalité plus d'accueil et plus de réussite pour tous les étudiants, y compris, bien sûr, les étudiants handicapés.

 

 

Proposition de résolution concernant les établissements publics de recherche

Patrick Hetzel vient de prendre l'initiative d'une proposition de résolution qu'il avait déjà déposée sous la précédente législature.
En effet, la nomination en juillet 2016 du président de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) avait provoqué une vive polémique car il s'agissait d'une décision politique d'une personne non titulaire d'un doctorat alors qu'elle allait diriger un grand organisme de recherche.
La communauté scientifique était alors fortement scandalisée par cette décision. Aussi, pour assurer le rayonnement scientifique de tous les établissements publics de recherche sur la scène internationale, il convient dorénavant que tout candidat à la présidence d'un établissement public de recherche soit obligatoirement titulaire d'un doctorat.

 

 

 

Dispositif pour lutter contre la radicalisation islamiste

numero vert stop radicalisationPatrick Hetzel vient de cosigner une proposition de loi créant un dispositif d'écoute et de signalement pour lutter contre la radicalisation islamiste dans les établissements de l'enseignement supérieur.
Lors de son intervention au « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI » le 10 décembre 2017, le Ministre de l'Education nationale a reconnu que s'il n'y avait « pas de statistiques aujourd'hui » sur la pression de l'islam dans les établissements scolaires, elles allaient être mis en place. De surcroît, le Ministre de l'Education nationale a annoncé la création « d'unités laïcité » composées de professionnels en charge de « prévention » ainsi que la mise en place d'un «conseil des sages de la laïcité».
A travers ces nouvelles mesures, Jean-Michel Blanquer reconnaît que la problématique de la radicalisation à l'école est toujours prégnante et que la lutte contre ce phénomène doit se poursuivre et s'intensifier. En effet, la plupart des personnes recrutées en France pour faire le djihad ont moins de 25 ans. Les jeunes sont donc la principale cible des recruteurs et de la propagande de l'Etat islamique.
Depuis le 23 avril 2014, un dispositif existe dans les collèges et lycées pour permettre de signaler toute radicalisation et est ainsi précisé à travers la circulaire aux préfets en date du 29 avril 2014. Ainsi, la politique du ministère de l'Education nationale repose-t-elle sur 5 axes : la prévention, le repérage et le signalement, le suivi des jeunes en voie de radicalisation scolarisés, la formation et la recherche.
Toutefois, force est de constater qu'il n'y a aucun suivi au niveau des établissements d'enseignement supérieur. Pourtant, ces établissements, comme les universités, n'échappent pas à ce fléau. Le 8 décembre 2015, une question écrite a été posée à la Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour comprendre pourquoi le dispositif prévu pour les collèges et les lycées n'était pas étendu aux établissements de l'enseignement supérieur mais est restée sans réponse.
Alors que la menace d'attentats terroristes est toujours aussi vive en France, il est urgent de mettre en place tous les moyens possibles pour lutter contre ce phénomène. Il paraît ainsi logique d'étendre le dispositif aux établissements de l'enseignement supérieur.

 

 

 

Orientation et réussite des étudiants : Patrick Hetzel a défendu une motion de rejet

Dans le cadre du débat dans l'hémicycle du projet de loi sur l'orientation et la réussite des étudiants, Patrick Hetzel a défendu, au nom du groupe Les Républicains, une motion de rejet. Par cette motion (voir le texte intégral en pdf), il reproche au gouvernement, le caractère non abouti du texte, lequel a été produit dans une très grande précipitation. Certaines mesures risques d'être très contre-productives et de créer plus de problèmes qu'elles n'en résoudront, comme par exemple la suppression de la hiérarchisation des vœux dans le choix de leurs futures filières d'études par les lycéens ou encore la limitation à un maximum de dix vœux d'orientation là où précédemment il y avait la possibilité d'en formuler jusqu'à 24. Ceci d'autant plus que 20% des bacheliers vont donc désormais devoir restreindre drastiquement leurs choix par rapport au passé alors que cela leur permettait pourtant de maximiser leurs chances d'intégration dans des filières sélectives.

 

Patrick Hetzel à la tribune de l'hémicycle le 12.12.17

 

 

Enseignement supérieur : rendre public les taux d'insertion professionnelle des diplômés

Illustration, étudiant diplôméDans le cadre du débat en commission du projet de loi sur l'orientation et la réussite des étudiants Patrick Hetzel a défendu un certain nombre d'amendements dont un amendement qui propose de rendre public les taux d'insertion professionnelle des diplômés de toutes les formations de l'enseignement supérieur.
En effet, il estime que les « débouchés en termes d'emplois et de métiers des formations sont des critères importants pour les jeunes et leur famille ».
Il a également défendu un amendement qui permet la fixation de droits d'inscription plus élevés pour les étudiants étrangers (hors UE) car il est surprenant de constater qu'à ce jour c'est le contribuable français qui paie les études des riches étudiants étrangers, ce qui est assez paradoxal en période de disette budgétaire.

 

 

 

Budget de l'enseignement supérieur et de la recherche pour 2018 : Patrick Hetzel, orateur du Groupe Les Républicains

Patrick Hetzel fut l'orateur du Groupe Les Républicains au sujet du projet de budget de l'enseignement supérieur et de la recherche pour 2018.

« En guise d'introduction, je voudrais insister sur le fait qu'il serait plus que jamais nécessaire d'affirmer l'autonomie des universités. En 2007, le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait décidé d'aller dans cette voie en faisant voter la loi d'autonomie relative aux libertés et responsabilités des universités et en créant un formidable élan autour de l'enseignement supérieur et de la recherche. Hélas, le gouvernement socialiste est allé dans le sens inverse.

Ainsi, pour que les universités soient vraiment autonomes, il faut leur donner des moyens de lever des fonds et il faut que l'enseignement supérieur et la recherche soient véritablement considérés comme prioritaires, ce qui n'est malheureusement pas le cas, contrairement à ce qu'affirme le Gouvernement. Les orientations budgétaires du projet de loi de finances pour 2018 montrent en effet qu'il y a, madame la ministre, un écart entre vos discours et vos actes – mais je ne reviendrai plus ici sur des éléments que j'ai déjà largement développés lors de votre audition en commission élargie, il y a deux semaines.

Je voudrais simplement vous rappeler que, là où vous annoncez une augmentation cumulée du budget de l'enseignement supérieur de 1 milliard d'euros sur cinq ans, Nicolas Sarkozy avait, durant son quinquennat, porté ce budget de 10 à 15 milliards d'euros, soit une augmentation cumulée de 15 milliards sur cinq ans, c'est-à-dire quinze fois plus que ce que vous êtes en train de faire. Cela mérite d'être souligné et l'ancien directeur général de l'enseignement supérieur que je suis a pu constater que la dynamique qui avait été enclenchée en son temps était tout à fait significative.

Madame la ministre, je vous le dis sans détour : vos annonces sont véritablement en trompe-l'oeil. En effet, plusieurs problèmes importants ne sont absolument pas abordés – pour ne pas dire qu'ils sont esquivés – et ces annonces risquent même parfois d'amplifier certains d'entre eux.

Ainsi, annoncer la fin du tirage au sort est une bonne chose, mais comment, dans les faits, sera géré le choix des bacheliers pour les filières sous tension qui comportent un nombre de places limité ? Comment sera concrètement opérationnalisée la déclaration du Premier ministre – à laquelle j'ai évidemment porté une attention particulière – selon laquelle, si une filière a moins de places que de candidats, « la priorité sera donnée » aux jeunes « dont le parcours, la motivation et le projet sont les plus cohérents avec la formation choisie » ? Comment allez-vous faire ?

Par ailleurs, jusqu'à présent, par l'intermédiaire d'Admission post-bac, les bacheliers formulaient des voeux – jusqu'à vingt-quatre – classés par ordre décroissant d'importance. S'il est évident que ce système était devenu perfectible en raison de la pression croissante sur les filières sélectives et à effectifs réduits, il avait toutefois pour objectif de chercher, autant que faire se pouvait, à maximiser la satisfaction du choix du bachelier en tentant de satisfaire son voeu le mieux classé. Qu'advient-il de cette question dans le nouveau dispositif, qui limitera à dix le nombre de voeux, lesquels ne seront absolument plus hiérarchisés ? Je crains que ce nouveau dispositif soit encore plus défaillant que ne l'est l'actuel.

De même, vous restez au milieu du gué pour ce qui est de l'accès au système universitaire dans son ensemble. En effet, les filières sous tension ne représentent qu'une faible partie des effectifs étudiants. Vous donnez certes la possibilité aux universités de formuler leur avis sur les candidatures, mais vous indiquez que, même si l'avis est très réservé, voire négatif, le bachelier pourra s'inscrire malgré tout, contre l'avis formulé, dans la filière en question. En somme, vous demandez un avis aux universitaires, mais cet avis sera purement consultatif. C'est très contradictoire et, surtout, vous faites très peu de cas de l'avis des universités et des universitaires, montrant que vous ne leur faites pas vraiment confiance et que vous rejetez, hélas, la véritable autonomie. Quel dommage !

En amont de la question de l'entrée à l'université se pose aussi, et avant tout, celle de l'information et de l'orientation des lycéens. Sur ce point aussi, les annonces sont décevantes. En effet, les branches professionnelles ont beaucoup œuvré pour développer des outils d'information et de formation. On ne peut donc que regretter que le système éducatif reste, pour le moment, replié sur lui-même à cet égard. L'ouvrir vers les acteurs extérieurs à l'éducation nationale et prendre en considération les attentes des employeurs est pourtant une nécessité.

Madame la ministre, vos annonces sont une occasion ratée pour le Gouvernement, car nos étudiants et notre enseignement supérieur méritent mieux qu'un plan de communication en trompe-l'oeil. Pour toutes ces raisons, le groupe Les Républicains votera contre votre budget.»

 

 

Enseignement supérieur et vie étudiante : des annonces en trompe l’œil de la part du gouvernement MACRON

Le Premier ministre vient de présenter ses mesures concernant l'entrée à l'Université. Force est de constater que ces annonces sont très décevantes. En effet, plusieurs problèmes importants ne sont pas abordés voire même risquent de s'amplifier en raison de ces annonces.

Ainsi, indiquer la fin du tirage au sort est une chose, toutefois comment va concrètement être géré le choix des bacheliers pour les filières sous tension qui comportent un nombre de places limitées ?  En effet, comment sera concrètement opérationnalisée la déclaration du Premier ministre : « si une filière a moins de places que de candidats, la priorité sera donnée aux jeunes dont le parcours, la motivation et le projet sont les plus cohérents avec la formation choisie » ?

Par ailleurs, jusqu'à présent via Admission Post Bac (A.P.B.)  les bacheliers formulaient des vœux avec un ordre décroissant d'importance. Si ce système était devenu perfectible en raison de la pression croissante sur les filières sélectives et à effectifs réduits, il avait toutefois comme objectif de chercher, autant que faire se peut, à maximiser la satisfaction du choix du bachelier en tentant de satisfaire son vœu le mieux classé. Qu'advient-il de cette question dans le nouveau dispositif ?

De même, avec ses annonces, le Premier ministre reste au milieu du gué. En effet, il donne la possibilité aux universités de formuler leur avis sur les candidatures toutefois même si l'avis est très réservé voire négatif, il indique que le bachelier pourra s'inscrire malgré tout dans la filière en question. Ce peu de cas fait de l'avis des universités montre bien que le Premier ministre ne fait pas confiance aux universités et qu'il rejette hélas leur véritable autonomie.

En amont de la question de l'entrée à l'université se pose avant tout la question de l'information et de l'orientation. Sur ce point aussi, les annonces sont décevantes. En effet, les branches professionnelles ont beaucoup œuvré pour développer des outils d'information et de formation. On ne peut donc que regretter que le système éducatif reste pour le moment replié sur lui-même en la matière. L'ouvrir vers les acteurs extérieurs à l'Education nationale et prendre en considération les attentes des employeurs est pourtant une nécessité.

Enfin, le gouvernement reste très vague sur les modalités concrètes du financement de ses annonces. A ce stade, rien n'est prévu à cet effet dans le projet de loi de finances pour 2018 que nous sommes pourtant en train de débattre à l'Assemblée nationale actuellement.

Ces annonces sont une occasion ratée pour le gouvernement car nos étudiants et notre enseignement supérieur méritent mieux qu'un plan de communication en trompe l'œil !

Patrick Hetzel,
Député du Bas-Rhin

 

 

Patrick Hetzel, orateur du groupe Les Républicains au cours du débat budgétaire au sujet du budget de l'enseignement sup et recherche

Patrick Hetzel était l'orateur du groupe Les Républicains au cours du débat budgétaire en commission élargie au sujet du budget de l'enseignement supérieur et de la recherche.

« En introduction, je voudrais insister sur le fait que plus que jamais il serait nécessaire d'affirmer l'autonomie des universités ! En 2007, le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait décidé d'aller dans cette voie en faisant voter la loi d'autonomie (LRU) et en créant un formidable élan autour de l'enseignement supérieur et de la recherche. Hélas le gouvernement socialiste est allé dans le sens inverse. Ainsi, pour que les universités soient vraiment autonomes, il faut leur donner des moyens de lever des fonds et il faut que l'enseignement supérieur et la recherche soient véritablement considérées comme prioritaires ce qui n'est hélas pas le cas contrairement à ce qu'affirme le gouvernement. Les orientations budgétaires du PLF 2018 montrent qu'il y a un écart entre vos discours et vos actes, Madame la Ministre.
Ainsi vous avez annoncé que le budget de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation augmentera de 700 millions d'euros en 2018 par rapport au budget initial de 2017. Vous présentez cette augmentation comme permettant de faire face notamment à l'accueil d'étudiants toujours plus nombreux dans les universités (+1,4 %). En réalité, seuls 200 M€ sont destinés directement à agir sur l'enseignement supérieur et la vie étudiante.

Le budget de la recherche est augmenté de 500 M€ par rapport à 2017. C'est positif. Toutefois, cela ne permettra pas de revenir à un taux de succès satisfaisant des appels à projet de l'ANR. Et surtout, cela permettra simplement de reconstituer les fonds de roulement des organismes hélas devenus exsangues au cours du quinquennat Hollande et de payer à hauteur de 300 Millions d'Euros des engagements internationaux.

Par ailleurs, en 2018, les universités, les grands établissements et les écoles disposeront de 128,5 M€ de plus pour assurer leurs dépenses de masse salariale et de fonctionnement, soit une augmentation d'environ 1%. Hélas un tel choix budgétaire ne répond absolument pas au défi de la démographie étudiante. C'est dommage car c'est un sujet important. De plus, vous ne parlez pas vraiment d'un sujet qui reste central et qui avait également été négligé par le gouvernement précédent : les liens universités/entreprise et la nécessité de se préoccuper à tous les étages de notre enseignement supérieur de l'insertion professionnelle des étudiants. Quelles sont vos intentions en la matière, Madame la Ministre ?
Un autre poids financier pèse sur l'enseignement supérieur et la recherche à plus long terme : le patrimoine immobilier des établissements, gérés par les différents acteurs (établissements, logements…), est vieillissant. Il est nécessaire que des investissements soient effectués au niveau du patrimoine immobilier de l'ESR et que la réfection de ce patrimoine soit anticipée, pilotée et priorisée. Que comptez-vous faire en la matière Madame la Ministre ?
Les solutions n'existent pas seulement à l'échelle nationale : un travail de développement des capacités de financement propre des établissements doit impérativement être conduit et pour cela il faut donner davantage de libertés aux établissements ce qui ne semble pas vous préoccuper, Madame la Ministre. Différents leviers sont déjà à disposition et doivent être encouragés : la formation tout au long de la vie, l'apprentissage, les fondations, les réseaux d'anciens, les partenariats avec le privé constituent de nombreuses sources de financements propres et répondent à des besoins de formation et d'insertion professionnelle des étudiants. Pourquoi ne cherchez-vous pas à être plus volontariste et incitative en la matière ?
En somme, l'ESR a besoin que le gouvernement en fasse une véritable priorité. Tout ne se résume évidemment pas aux questions budgétaires mais il est étonnant de constater que ce budget manque d'ambition et de souffle pour un secteur qui pourtant est stratégique pour construire l'avenir de la France. »

 

 
Page 1 sur 2 : 1  2   | page suivante