Enseignement supérieur et vie étudiante : des annonces en trompe lil de la part du gouvernement MACRON

Le Premier ministre vient de présenter ses mesures concernant l'entrée à l'Université. Force est de constater que ces annonces sont très décevantes. En effet, plusieurs problèmes importants ne sont pas abordés voire même risquent de s'amplifier en raison de ces annonces.

Ainsi, indiquer la fin du tirage au sort est une chose, toutefois comment va concrètement être géré le choix des bacheliers pour les filières sous tension qui comportent un nombre de places limitées ?  En effet, comment sera concrètement opérationnalisée la déclaration du Premier ministre : « si une filière a moins de places que de candidats, la priorité sera donnée aux jeunes dont le parcours, la motivation et le projet sont les plus cohérents avec la formation choisie » ?

Par ailleurs, jusqu'à présent via Admission Post Bac (A.P.B.)  les bacheliers formulaient des vœux avec un ordre décroissant d'importance. Si ce système était devenu perfectible en raison de la pression croissante sur les filières sélectives et à effectifs réduits, il avait toutefois comme objectif de chercher, autant que faire se peut, à maximiser la satisfaction du choix du bachelier en tentant de satisfaire son vœu le mieux classé. Qu'advient-il de cette question dans le nouveau dispositif ?

De même, avec ses annonces, le Premier ministre reste au milieu du gué. En effet, il donne la possibilité aux universités de formuler leur avis sur les candidatures toutefois même si l'avis est très réservé voire négatif, il indique que le bachelier pourra s'inscrire malgré tout dans la filière en question. Ce peu de cas fait de l'avis des universités montre bien que le Premier ministre ne fait pas confiance aux universités et qu'il rejette hélas leur véritable autonomie.

En amont de la question de l'entrée à l'université se pose avant tout la question de l'information et de l'orientation. Sur ce point aussi, les annonces sont décevantes. En effet, les branches professionnelles ont beaucoup œuvré pour développer des outils d'information et de formation. On ne peut donc que regretter que le système éducatif reste pour le moment replié sur lui-même en la matière. L'ouvrir vers les acteurs extérieurs à l'Education nationale et prendre en considération les attentes des employeurs est pourtant une nécessité.

Enfin, le gouvernement reste très vague sur les modalités concrètes du financement de ses annonces. A ce stade, rien n'est prévu à cet effet dans le projet de loi de finances pour 2018 que nous sommes pourtant en train de débattre à l'Assemblée nationale actuellement.

Ces annonces sont une occasion ratée pour le gouvernement car nos étudiants et notre enseignement supérieur méritent mieux qu'un plan de communication en trompe l'œil !

Patrick Hetzel,
Député du Bas-Rhin