Patrick Hetzel, orateur du groupe Les Républicains au cours du débat budgétaire au sujet du budget de l'enseignement sup et recherche

Patrick Hetzel était l'orateur du groupe Les Républicains au cours du débat budgétaire en commission élargie au sujet du budget de l'enseignement supérieur et de la recherche.

« En introduction, je voudrais insister sur le fait que plus que jamais il serait nécessaire d'affirmer l'autonomie des universités ! En 2007, le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait décidé d'aller dans cette voie en faisant voter la loi d'autonomie (LRU) et en créant un formidable élan autour de l'enseignement supérieur et de la recherche. Hélas le gouvernement socialiste est allé dans le sens inverse. Ainsi, pour que les universités soient vraiment autonomes, il faut leur donner des moyens de lever des fonds et il faut que l'enseignement supérieur et la recherche soient véritablement considérées comme prioritaires ce qui n'est hélas pas le cas contrairement à ce qu'affirme le gouvernement. Les orientations budgétaires du PLF 2018 montrent qu'il y a un écart entre vos discours et vos actes, Madame la Ministre.
Ainsi vous avez annoncé que le budget de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation augmentera de 700 millions d'euros en 2018 par rapport au budget initial de 2017. Vous présentez cette augmentation comme permettant de faire face notamment à l'accueil d'étudiants toujours plus nombreux dans les universités (+1,4 %). En réalité, seuls 200 M€ sont destinés directement à agir sur l'enseignement supérieur et la vie étudiante.

Le budget de la recherche est augmenté de 500 M€ par rapport à 2017. C'est positif. Toutefois, cela ne permettra pas de revenir à un taux de succès satisfaisant des appels à projet de l'ANR. Et surtout, cela permettra simplement de reconstituer les fonds de roulement des organismes hélas devenus exsangues au cours du quinquennat Hollande et de payer à hauteur de 300 Millions d'Euros des engagements internationaux.

Par ailleurs, en 2018, les universités, les grands établissements et les écoles disposeront de 128,5 M€ de plus pour assurer leurs dépenses de masse salariale et de fonctionnement, soit une augmentation d'environ 1%. Hélas un tel choix budgétaire ne répond absolument pas au défi de la démographie étudiante. C'est dommage car c'est un sujet important. De plus, vous ne parlez pas vraiment d'un sujet qui reste central et qui avait également été négligé par le gouvernement précédent : les liens universités/entreprise et la nécessité de se préoccuper à tous les étages de notre enseignement supérieur de l'insertion professionnelle des étudiants. Quelles sont vos intentions en la matière, Madame la Ministre ?
Un autre poids financier pèse sur l'enseignement supérieur et la recherche à plus long terme : le patrimoine immobilier des établissements, gérés par les différents acteurs (établissements, logements…), est vieillissant. Il est nécessaire que des investissements soient effectués au niveau du patrimoine immobilier de l'ESR et que la réfection de ce patrimoine soit anticipée, pilotée et priorisée. Que comptez-vous faire en la matière Madame la Ministre ?
Les solutions n'existent pas seulement à l'échelle nationale : un travail de développement des capacités de financement propre des établissements doit impérativement être conduit et pour cela il faut donner davantage de libertés aux établissements ce qui ne semble pas vous préoccuper, Madame la Ministre. Différents leviers sont déjà à disposition et doivent être encouragés : la formation tout au long de la vie, l'apprentissage, les fondations, les réseaux d'anciens, les partenariats avec le privé constituent de nombreuses sources de financements propres et répondent à des besoins de formation et d'insertion professionnelle des étudiants. Pourquoi ne cherchez-vous pas à être plus volontariste et incitative en la matière ?
En somme, l'ESR a besoin que le gouvernement en fasse une véritable priorité. Tout ne se résume évidemment pas aux questions budgétaires mais il est étonnant de constater que ce budget manque d'ambition et de souffle pour un secteur qui pourtant est stratégique pour construire l'avenir de la France. »