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Stratégie nationale de l’enseignement supérieur : manque d’ambition

enseignement supérieurPatrick Hetzel fut l'orateur du groupe Les Républicains lors de l'audition, en commission des affaires culturelles et de l'éducation, mercredi le 18 novembre, de Madame Sophie Bejean, présidente du comité pour la stratégie nationale de l'enseignement supérieur. Il a déploré le manque d'ambition de ce rapport et l'occultation des vrais sujets au profit de formules très incantatoires.

En préambule, il a rappelé que la question de l'enseignement supérieur était effectivement un sujet stratégique pour le pays. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, entre 2007 et 2012, le budget consacré par les finances publiques par étudiant fut en constante hausse durant cette période ce qui n'est plus le cas depuis 2013. Ce qui montre, si besoin était, qu'il y a un écart entre les déclarations du gouvernement et ses actes. Puis il a commenté le rapport en déplorant que celui-ci préconisait que les universités s'engagent dans la formation tout au long de la vie sans pour autant préciser comment celles-ci pouvaient procéder de manière concrète et opérationnelle. De même, le rapport préconise une augmentation du nombre de docteurs en France : Patrick Hetzel a donc souhaité savoir quel était le but poursuivi en ce faisant car une augmentation des docteurs ne saurait être une fin en soi. Dans le même ordre d'idée, il est dommage que le rapport ne traite pas explicitement de la question de l'insertion professionnelle des jeunes. C'est d'autant plus regrettable que le rapport propose une meilleure prise en compte des aspirations de la jeunesse. Or, les enquêtes d'opinion auprès des jeunes montrent sans la moindre ambiguïté que les jeunes en France souhaitent avant tout que leur formation les conduise vers l'emploi. Le rapport ne prend hélas pas en compte le rôle joué par l'enseignement supérieur privé et notamment dans le domaine des grandes écoles de management qui sont pourtant un fleuron de notre enseignement supérieur français. Pour finir, Patrick Hetzel a également trouvé fort dommage que le rapport s'affranchisse avec beaucoup de légèreté de deux sujets pourtant majeurs pour l'enseignement supérieur : la question des droits d'inscription et celle de la sélection, notamment à l'entrée des masters. Ne pas aborder ces sujets, c'est finalement occulter une partie importante de la réalité. Il a aussi interrogé Madame Bejean sur la réalité budgétaire puisque le rapport préconise que le financement de l'Etat par étudiant devrait atteindre celui que l'Etat attribue à chaque étudiant de classe préparatoire aux grandes écoles. Une telle évolution nécessite une augmentation budgétaire de 2,4 Milliards d'Euros. Il a donc souhaité savoir sur quoi se basait précisément cette demande budgétaire.