Transition énergétique : un non-sens politique

Patrick Hetzel s'est prononcé contre le projet de loi gouvernemental concernant la transition énergétique.

Transition energetiqueEn effet, le texte du gouvernement ne se préoccupe absolument pas des principaux enjeux énergétiques. Quels sont-ils ?
Réduire les émissions de CO2 de 40% d'ici 2030 au moindre coût, protéger les emplois actuels, renforcer notre capacité d'exportation et notre compétitivité, augmenter notre sécurité énergétique et préserver le pouvoir d'achat de nos concitoyens.
Sur la base de ces objectifs il s'agit de réfléchir à une stratégie énergétique à partir de notre mix énergétique actuel et non pas de fixer de seuils idéologiques de réduction de la consommation d'énergie ou des objectifs à priori qui reprennent des promesses de campagne électorale.
On voit bien que la majorité et le gouvernement sont pris au piège entre les promesses de campagne de François Hollande et une partie du PS qui ne souhaite pas remettre en cause le nucléaire. D'où les couacs et l'absence répétée de pilotage sur ce dossier à laquelle on assiste depuis le début : trois ministres qui se succèdent en deux ans, chacun avec sa vision, différente ; silence assourdissant du Président de la République depuis ses promesses de campagne ; annonces divergentes du Premier Ministre et de Mme Royal sur le calendrier de la future loi de transition énergétique, jusqu'à ce projet de loi qui, comme d'habitude, est entre les deux, mi-figue mi-raisin, qui ne donne aucun moyen juridique à l'Etat, qui évite soigneusement de régler la question du nucléaire tout en réitérant les objectifs de campagne et les promesses que François Hollande a faites aux écologistes.
Ce texte est un non-sens politique, économique et environnemental.

 

Lundi 13 octobre 2014

Nombreuses interventions de Patrick Hetzel durant le débat dans l'hémicycle au sujet de la loi dite de « transition énergétique ».

Ce texte soulève d'importants problèmes. En effet, les débats qui ont eu lieu pendant la discussion générale montrent que quatre points essentiels n'ont pu être abordés avec la sérénité requise, non seulement en raison d'un calendrier trop serré mais aussi, et surtout, faute d'une volonté gouvernementale de rechercher un consensus à leur sujet. Un tel consensus était pourtant nécessaire sachant que l'examen d'un projet de loi sur l'énergie implique de construire l'avenir et de raisonner sur une échelle de temps se comptant en décennies.

Tout d'abord, la question du prix du kilowattheure n'a jamais été clairement abordée. Pire encore, le gouvernement a refusé de répondre à la question. Or les orientations de la loi auront un impact très lourd sur le pouvoir d'achat de nos concitoyens comme sur l'économie de nos entreprises.

Deuxième point non débattu : l'impact sur le climat d'autant que toutes les énergies n'ont pas les mêmes conséquences sur le réchauffement climatique.

Troisième point, la disponibilité de l'énergie. Encore une fois, la question est : comment stocke-t-on l'énergie ? Ce qui est sûr, c'est qu'il convient de considérer en priorité des énergies qui permettent d'éviter le « black-out ». En tout cas, les experts indiquent qu'aujourd'hui, en France, cela n'est pas possible avec les seules énergies renouvelables.

Quatrième point, on peut déplorer qu'il n'y ait pas eu de débat serein sur les risques liés à chaque énergie.

En définitive, le texte du gouvernement n'est pas du tout à la hauteur des enjeux.

 

Intervention du député Patrick Hetzel dans l'hémicycle le 6 octobre 2014 :