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Métaux critiques : Patrick Hetzel s'exprime sur le manque de vision stratégique de la France

L'Usine Nouvelle, logoDans une interview de l' Usine Nouvelle sur les métaux critiques, Patrick Hetzel s'exprime sur le manque de vision stratégique de la France.

La France néglige les métaux critiques

L'Usine nouvelle - par Myrtille Delamarche Les Assises de l'industrie , France
Publié le 03/11/2016

Alors que d'autres pays ont sécurisé leurs approvisionnements en matières critiques, la France délaisse les siens.

Des éoliennes aux smartphones, les métaux critiques améliorent les performances de nombreux objets. Même le TGV ne battrait pas des records de vitesse sans les aimants permanents qui réduisent la taille des moteurs intégrés aux bogies (chariots à essieux situés sous les rames). Les terres rares sont devenues le symbole de cette criticité lorsque la Chine a menacé, en 2010, de restreindre ses exportations de ces métaux aux propriétés très spécifiques dont elle contrôle 90 % de la production mondiale. Depuis cette crise, plusieurs pays ont développé des politiques de sécurisation de leurs approvisionnements en matières critiques et stratégiques. En France, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) s'est saisi de la question. Patrick Hetzel, le député (LR) du Bas-Rhin, et Delphine Bataille, la sénatrice (PS) du Nord, dressent un panorama des solutions développées dans d'autres pays dans un rapport présenté en juin 2016. Ce rapport n'a trouvé que peu d'écho. « Le seul ministre avec lequel nous avons échangé sur ces questions ne l'est plus. Il s'agissait d'Emmanuel Macron, qui fait partie des gens qui cherchent à sortir de la pensée unique. Nous avons demandé à rencontrer Michel Sapin, sans succès pour l'instant », regrette Patrick Hetzel. Du rapport de l'Opecst émergent trois modèles dont la France pourrait s'inspirer.

Le modèle privé

Bosch, Volkswagen, Rockwood, Thyssen et d'autres industriels allemands ont fondé ensemble la Rohstoffallianz pour investir à l'étranger dans les matières premières. Des initiatives existent en France, notamment à travers les relations entre les entreprises et le CEA, mais elles sont trop dispersées, regrette Michel Latroche, directeur de recherche au CNRS. Dans les filières automobile et aéronautique, les travaux du Pôle interministériel de prospective et d'anticipation des mutations économiques (Pipame) en 2013 ont permis d'identifier les métaux critiques pour ces secteurs. Il s'agit du néodyme et du dysprosium pour les aimants, des platinoïdes pour la catalyse, du lithium pour les batteries et des éléments d'alliages comme le chrome-métal, le molybdène, le niobium et le vanadium. Ces listes évoluent vite. Il faudra rapidement y ajouter le scandium. Un tableur développé par la Direction générale des entreprises (ex-DGCIS) et le Comes a été mis à disposition des entreprises pour évaluer leur dépendance. Mais au-delà du diagnostic, aucun travail d'envergure sur la sécurisation de filières d'approvisionnement n'a été mené en France.

Le modèle public-privé

Le Japon, comme l'Allemagne, a choisi de sécuriser des contrats long terme, à des prix fixés plusieurs années à l'avance, avec des fournisseurs aux origines géographiques diverses. Mais à Tokyo, traumatisés par la rupture d'approvisionnement en terres rares chinoises en 2010-2011, les dirigeants ont fait le choix d'une collaboration public-privé autour de quatre piliers. La sécurisation des ressources via des investissements à l'étranger, confiée à la Japan Oil, Gas and Metals National Corporation, le soutien à la R & D sur le recyclage, la recherche de matériaux et technologies de substitution, et le stockage, financé par une banque publique d'investissement, la Japan Bank for International Corporation, qui revend ses stocks aux industriels en cas de crise ou de hausse des prix, ce qui leur permet de lisser les coûts.

Le modèle « in my backyard »

La Suède et la Finlande ont adapté leur secteur minier aux exigences sociales et environnementales du XXème siècle. En Suède, les ouvriers de la mine d'or de Kittilä gagnent entre 50 000 et 60 000 euros par an, les ingénieurs entre 80 000 et 100 000. Et les normes environnementales sont strictes. Il faut près de huit ans pour obtenir un permis auprès de l'inspection des mines. Depuis 2011, un tribunal de l'environnement présidé par un juge classique, assisté par un juge technique et par deux experts, intervient dans le processus. Le dossier peut même être porté devant la Cour suprême. Néanmoins, la Suède extrait 91 % du fer, 17 % de l'argent, 10 % du cuivre et 25 % du zinc européens. Elle produit 6 000 tonnes d'oxydes de terres rares par an, soit 5 % du total mondial. La Finlande, avec une stratégie minière comparable, a en outre des entreprises reconnues internationalement dans les équipements et les services miniers, à l'instar de Scandic et d'Outotec.

La France est en retard

Elle a pourtant des atouts : trois groupes miniers de stature internationale (Areva, Eramet et Imerys), des organismes de recherche enviés (le CEA, le BRGM et l'Ifremer), des pôles de compétitivité comme Team2, qui innovent sur les métaux critiques, et des champions de la métallurgie (Solvay dans les terres rares, Aubert & Duval dans les alliages spéciaux). Mais les initiatives politiques en matière de sécurisation des besoins et de développement de cette filière sont timides, voire inexistantes. « Il y a une guerre des ministères de l'Environnement et de l'Industrie sur ce sujet et pas de vision stratégique sur ces questions à Matignon », affirme Patrick Hetzel.

Pourquoi cette frilosité ? Certains aspects, comme le renouveau minier et le stockage, sont éminemment politiques, en ce qu'ils réclament de trancher sur les rôles respectifs du public et du privé. Une proposition de loi portant adaptation du code minier au droit de l'environnement rédigée, notamment, par les députés Bruno Le Roux (Seine-Saint-Denis, président du groupe socialiste) et Jean-Paul Chanteguet (Indre, PS) a été déposée le 21 septembre à l'Assemblée nationale. Elle rappelle en préambule le serpent de mer qu'est cette réforme annoncée il y a cinq ans. « Si nous n'y arrivions pas sous cette législature, ce serait une faillite politique », déclarait en mai 2015 un représentant du groupe parlementaire Europe Écologie Les Verts. Mais le texte ne passera pas d'ici à février 2017 faute de créneau parlementaire. Tous les sujets ne sont pas aussi sensibles.
« La réduction des quantités de matières utilisées, la substituabilité ne risquent pas de leur exploser à la figure », relève Patrick Hetzel. Le député Les Républicains plaide pour une collaboration européenne. Il n'est pas le seul. Avec Solvay en France, Less Common Metals au Royaume-Uni, Siemens et Bosch en Allemagne, « l'Europe détient l'ensemble de la chaîne de valeur des terres rares », affirme Jack Lifton, expert des matières critiques. Pourtant, Solvay sépare désormais les terres rares en Chine et les purifie à La Rochelle. Et son unité de recyclage a été arrêtée, faute de rentabilité. Reste à les extraire. Areva et Eramet, qui possède un gisement au Gabon, en sont capables, mais aucun n'a les moyens de développer une mine, ce qui « ne pourra se faire sans l'intervention des États », selon Jack Lifton. À quand un champion français des terres rares ?

Des matières indispensables

- Dans l'automobile (pots catalytiques, alliages et batteries pour les hybrides),
- Dans l'aéronautique (alliages et aimants permanents),
- Dans les éoliennes (aimants permanents),
- Dans les ampoules basse consommation,
- Dans l'imagerie médicale (IRM) et la médecine nucléaire.

L'innovation à la rescousse

Matières de la high-tech et des énergies renouvelables, les métaux critiques sont intimement liés à l'innovation technologique. Le marché de l'europium, par exemple, est en voie de disparition en raison du remplacement progressif des ampoules basse consommation par des LED. Chez les industriels, les services R & D planchent sur la substitution des terres rares. Siemens s'est ainsi fixé pour objectif de réduire à zéro ses besoins en terres rares lourdes. Renault, de son côté, a opté dès 2008 pour un moteur à rotor bobiné, sans terres rares. Tesla propose un moteur sans aimant. Le japonais Yaskawa, lui, remplace le néodyme par de la ferrite. Mais l'innovation, si elle sécurise les utilisateurs de matières critiques, est aussi une source de déstabilisation. Difficile de stocker si l'on n'est pas capable de prédire les besoins de demain. La demande peut exploser, augmentant la criticité, ou se réduire en cas de substitution. C'est pourquoi le Japon a choisi un stockage dynamique et revend ses stocks au fur et à mesure, lissant les fluctuations de prix pour les industriels.

 

 

Initiatives en Alsace - Patrick Hetzel : "Jouons l'unité oui, mais pas l'unicité"

Article paru dans Initiatives en Alsace, supplément de l'Ami Hebdo, du 23 octobre 2016.

Aperçu del'Article Initiatives en Alsace, supplément de l'Ami Hebdo, Octobre 2016

 

 

Pourquoi Patrick Hetzel est favorable à une vraie sélection en master et non pas une entrée pour tous comme le propose réellement le gouvernement

Article publié le 10 octobre 2016 - Le Drenche

La sélection à l'entrée du master valorise le mérite républicain ! 

Le Drenche, logoDans la totalité des pays où le système universitaire est considéré comme performant et efficace, une règle simple prévaut : les universités choisissent leurs étudiants en fonction de leurs profils, de leurs résultats scolaires et de leur motivation pour la filière qu'ils souhaitent intégrer.

En France, au moment de la mise en place du processus de Bologne et du LMD, le choix avait été fait de maintenir de façon transitoire une sélection, non pas à l'entrée du master (M1) mais entre la première et la deuxième année du master (M2), dans le prolongement de ce qui se faisait alors à l'entrée des anciens DESS et des DEA. Aujourd'hui, il faut parachever la cohérence du LMD, raison pour laquelle le moment est venu d'avancer enfin la sélection d'un an afin que celle-ci se fasse à l'entrée du master.

Par contre, il est essentiel de sélectionner. En effet, les masters sont des diplômes qui sont bien reconnus par le marché du travail et les employeurs. Ils sont une marque importante de la qualité et de l'excellence universitaire.

Et la sélection est l'une des raisons de cette qualité car elle permet de s'assurer que les étudiants qui suivent un cursus sont aussi les plus aptes à le faire.

En effet, que penser d'un master de droit notarial qui recruterait des étudiants qui sont certes titulaires d'une licence en droit mais qui n'auraient pas la moyenne en droit notarial ?

Une sélection permet aussi une régulation du nombre des diplômés en fonction des débouchés professionnels disponibles sur le marché de l'emploi, ce qui est très cohérent avec la mission d'insertion professionnelle assignée aux universités depuis la loi Libertés et responsabilités des universités de 2007.

Ainsi, en matière éducative, la sélection doit reposer sur les capacités, les aptitudes et les résultats académiques d'un étudiant. Une telle approche est la forme la plus juste d'accès à un master car elle repose fondamentalement sur un principe républicain très fort : le mérite.

Sans compter que si l'on décidait de ne pas sélectionner à l'entrée du master, ce qui se mettrait en place, c'est une tout autre forme de sélection : celle par l'échec.

Les étudiants seraient davantage tentés d'aller vers d'autres filières, notamment celles sélectives des grandes écoles, et ce serait un très mauvais coup porté à notre système universitaire tout entier.

On l'aura compris, la sélection en master n'est de loin pas un problème mais une nécessité.

Patrick Hetzel
Député du Bas-Rhin
Ancien recteur d'académie et ancien Directeur général de l'enseignement supérieur

 

 

Scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans ? La réponse de Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin (LR), ancien recteur d'académie

Patrick Hetzel  : « Il vaudrait mieux lutter contre le décrochage scolaire des 14-16 ans »

La Croix, logoLa Croix, interview publiée le 22.09.2016
Par Christine Legrand

Je suis contre la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans pour plusieurs raisons. Je considère qu'il s'agit d'une fuite en avant très inquiétante sur le principe même, car nous devrions nous concentrer en priorité sur les missions actuelles de l'école et sur les façons dont nous pouvons améliorer notre système scolaire. L'une de ses missions essentielles est l'apprentissage des fondamentaux. Et aujourd'hui plus que jamais, nous devons concentrer nos efforts sur l'école primaire. Si on veut aller vers un système scolaire plus efficient, il vaut mieux prendre les problèmes à la racine, plutôt qu'en bout de piste, et considérer ce qui se passe chez les jeunes enfants.

La ministre, par cette mesure, entend cibler les décrocheurs scolaires. Or les élèves se trouvent en échec bien avant l'âge de 16 ans. Pour lutter contre cet échec, il faut mettre en place des dispositifs d'évaluation et prévoir un accompagnement personnalisé dès le primaire, ce que la gauche a supprimé. Il faut aussi s'occuper davantage des décrocheurs scolaires qui se trouvent dans la tranche d'âge 14-16 ans, plutôt que de repousser le problème en les maintenant dans le système jusqu'à 18 ans.

Il faudrait aussi faire en sorte que les 14-16 ans en passe de décrocher puissent faire des allers-retours avec le monde professionnel dès le collège. J'ai été recteur et je peux vous assurer que c'est vraiment une gageure de motiver ces adolescents. Ce n'est pas en leur demandant de rester deux années supplémentaires sur les bancs de l'école que nous réglerons le problème. Quand on discute avec les jeunes concernés et leur famille, on voit que ce n'est pas ce qu'ils attendent de l'institution scolaire.

Qu'une ministre fasse une telle proposition dénote une vision très mécaniste et non réaliste. Cette proposition n'est pas non plus humaniste, car elle ne prend pas en compte les aspirations de ces jeunes. Des structures comme les Apprentis d'Auteuil, qui effectuent un travail remarquable auprès d'eux, montrent que ce n'est pas de cette manière qu'on traite la question : ils arrivent à les motiver, à leur faire reprendre confiance en eux par d'autres moyens, notamment l'apprentissage. Il faudrait permettre à un certain nombre de jeunes de choisir eux-mêmes s'ils veulent poursuivre leur scolarité ou non.

Le système scolaire classique n'est pas adapté à tous. Certains aspirent à entrer le plus vite possible dans la vie professionnelle. Aujourd'hui, ceux qui ont un CAP ou un bac pro ont un meilleur taux d'insertion professionnelle que ceux qui ont une licence. Il vaudrait mieux développer l'apprentissage, dans le cadre scolaire mais aussi en dehors, en faisant par exemple davantage confiance aux professionnels pour former des apprentis. »

 

 

 

L’activité parlementaire de Patrick Hetzel saluée par le site Rue89

Rue89Strasbourg - publié le 4 août 2016

Le palmarès de l'implication des 9 députés du Bas-Rhin

Logo Rue 89 StrasbourgRédaction de rapports ou de lois, participation aux assemblées ou aux commissions parlementaires, questions orales ou écrites… À un an des prochaines législatives, voici un aperçu de l'implication des députés bas-rhinois au palais Bourbon au courant de l'année 2015/2016.

Patrick Hetzel, député zélé

De septembre 2015 à août 2016, Patrick Hetzel (« Les Républicains ») est le député bas-rhinois qui compte le plus de semaines d'activité (38 sur un maximum observé de 41), c'est-à-dire relevé présent en commission ou ayant pris la parole en hémicycle. Sur ce point, il fait partie des 15 premiers en France. Le député de Saverne est intervenu « longuement » (plus de 20 mots) 148 fois au sein de l'hémicycle parlementaire, soit autant de fois que Christian Jacob, président du groupe LR à l'Assemblée nationale.

Le député de la 7e circonscription du Bas-Rhin a apposé sa signature sur 2033 amendements. Cette hyperactivité fait même de lui  le député qui a signé le plus de propositions d'amendement sur les 577 élus ! Mais seuls 84 d'entre eux ont été adoptés –  soit une efficacité de 4% – car il est complexe pour un député de l'opposition d'en faire adopter.

Il a signé ou co-signé 92 propositions de loi ou de résolution parmi lesquelles deux ont été rédigées par lui-même. Enfin, Patrick Hetzel a posé huit questions orales en hémicycle, ce qui fait de lui le député du Bas-Rhin qui s'est le plus exprimé au micro du Palais Bourbon. Après ce premier mandat, il été investi par le parti « Les Républicains » pour être candidat à sa réélection en 2017.

Lire l'intégralité de l'article

 

 

L’Éducation nationale doit progresser dans le domaine de l’évaluation

Acteurs Publics TV - Interview publiée le 20 juillet 2016

Si “la baisse des dotations a permis aux collectivités locales d'être plus efficientes, on aurait tout de même dû faire avec elles un travail en amont pour définir les dotations optimales en fonction de leurs missions prioritaires”, estime Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, invité des Rencontres des Acteurs publics le 6 juillet à la Cour des comptes. Citant l'exemple du ministère de l'Éducation nationale, le député ajoute que “des progrès restent à faire en matière d'évaluation” des politiques éducatives. Patrick Hetzel travaille d'ailleurs à “une proposition de loi qui permettrait de disposer d'une instance dévaluation extérieure au ministère”, avec des “évaluateurs indépendants”. Voir l'interview 

 

 

 

LCP relate le problème de la nomination très contestée du président de l'INRA

LCP relate le problème de la nomination  très contestée du président de l'INRA


Publié le 13.07.16

 

 

La revue Nature s'inquiète au sujet de la nomination d'un non chercheur à la tête de l'INRA

Nature, logo« La revue Nature s'inquiète au sujet de la nomination d'un non chercheur à la tête de l'INRA et mentionne l'action de Patrick Hetzel ».

Article publié le 13.07.16

 

 

 

 

 

 

Nomination de Philippe Mauguin : le coup du grand switch

L'Express - Brice Lacourieux - publié le 13/07/2016. Voir l'article sur le site de l'Express

L'ExpressLa nomination de Philippe Mauguin, directeur de cabinet de Stéphane Le Foll, à la tête de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) est dénoncée depuis plusieurs semaines par l'opposition, qui y voit une nomination politique dans une instance scientifique… comme une grande majorité des personnels de l'INRA.

Pour se défendre, le gouvernement explique que cette nomination a recueilli l'avis favorable d'une commission d'experts créée par un décret de novembre 2015. La majorité a tenté de calmer les choses en informant, mardi après-midi, les membres de la Commission des affaires économiques des conclusions de cette commission. Cette réunion de 30 minutes a eu lieu à huis clos, car y étaient évoquées des informations non-anonymisées sur la candidature de Philippe Mauguin.

Cette nomination a été ensuite soumise ce matin au vote de la Commission permanente compétente, celle des affaires économiques (dans un calendrier qui a visiblement été accéléré).

Depuis la réforme constitutionnelle de 2008 (et la loi organique de 2010), la présidence de l'INRA fait partie des postes attribués par le Président de la République sur lesquels le Parlement doit se prononcer.

Les députés et sénateurs peuvent s'y opposer à condition que les votes contre dans les deux commissions représentent 3/5èmes des suffrages exprimés… barre quasiment impossible à atteindre dans la mesure où le gouvernement dispose d'une majorité, au moins à l'Assemblée.

Le groupe Les Républicains a tenté de faire un « coup » dont les groupes d'opposition ont le secret. Afin d'assurer un maximum de présents et de vote contre, elle a procédé à des changements de commission de dernière minute. 11 députés LR siégeant à la Commission des affaires économiques ont ainsi laissé leur place à des collègues siégeant dans d'autres commissions. Rappelons que le nombre de députés de chaque groupe dans une commission est fixe et proportionnel à la composition globale de l'Assemblée, et que chaque député ne peut appartenir qu'à une seule des 8 commissions permanentes.

C'était sans compter sur le fait que le groupe socialiste a visiblement été mis au courant de cette stratégie… et a donc procédé lui aussi à des « switch » entre ses membres (14 au total).

Ce genre de changement est effectif à minuit, et publiés au Journal Officiel. Si le groupe socialiste n'avait donc pas eu vent de ce coup, il n'aurait donc pas pu se retourner avant le vote.

La manœuvre n'aurait de toute façon pas permis d'atteindre la barre symbolique des 3/5èmes, mais peut-être de faire en sorte que les votes contre soient légèrement plus nombreux que les votes favorables, à la surprise générale.

Les députés ayant changé de commissions provisoirement vont rapidement reprendre leur place, sans doute dès demain. A noter que de tels transferts ont lieu régulièrement, mais cette fois individuellement, lorsqu'un député pressenti pour être rapporteur d'un texte n'est pas membre de la commission saisie au fond.

Au final, l'audition de Philippe Mauguin s'est déroulée dans une salle pleine et une ambiance tendue.

Sa nomination a été validée par le Parlement, avec 39 pour, 25 contre et un bulletin blanc à l'Assemblée ; 10 pour, 10 contre et un bulletin blanc au Sénat.

 

 

ForestOpic : Nomination du PDG de l’INRA: «une transparence de façade»

Article de ForestOpic publié le 12.07.16

Nomination du PDG de l'INRA: «une transparence de façade»

Forestopic, aperçu article du 12.07.16

 

 
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