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Rencontres parlementaires pour l'Innovation

Question au Gouvernement

Patrick Hetzel à la tribune de l'Assemblée nationale

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Parlement des enfants, rencontre avec une classe de CM2 de Neuwiller lès Saverne

Décembre 2019

Dormez tranquilles braves gens :
pendant la liquidation de l’Education nationale, la communication continue !

Par un décret en date du 20 novembre 2019, nous avons appris que le recteur de l’académie de Strasbourg allait perdre deux importantes compétences au bénéfice du recteur de la région académique basé à Nancy. D’une part, il se voit retirer la compétence de « chancelier des Universités d’Alsace » et d’autre part, il se voit amputé de la compétence de gestion directe de son budget de fonctionnement de son rectorat ainsi que des deux directions départementales de l’Education nationale. Cette dernière compétence qui, dans le jargon administratif est intitulée « responsable du budget opérationnel support », n’est pas anodine du tout. Il concerne le fonctionnement direct du rectorat et des deux directions académiques ainsi que de leurs personnels. Si on vous retire cette compétence directe, vous devenez un recteur « Canada Dry ». C’est-à-dire, que vous exercez sur le papier les compétences d’un recteur mais vous n’avez plus les marges de manœuvre pour agir car le fonctionnement de vos propres services est devenu dépendant du recteur de région académique. Alors, surtout ne nous y trompons pas, l’heure est grave. En procédant de la sorte, on dévitalise au cœur même de son fonctionnement le rectorat de l’académie de Strasbourg. Concrètement, avec ce décret, rien n’empêchera le recteur de la région académique d’imposer ses choix organisationnels au recteur de l’académie de Strasbourg ainsi qu’aux deux directeurs des services académiques de l’Education nationale du Bas et du Haut-Rhin. Il y a là un objectif inavoué mais pourtant très clair : on veut progressivement dévitaliser les rectorats qui ne sont pas des rectorats de région académiques et à terme, on veut tout faire pour qu’il n’y ait plus qu’un seul recteur : le recteur de la région académique.

Par ailleurs, prenons un autre angle d’analyse. Un recteur d’académie qui ne gère plus directement son budget mais qui est obligé de passer par le recteur de région académique et qui se voit amputé de la fonction de chancelier des universités, c’est-à-dire du rôle de contrôle de toute la légalité de ce que font les universités du ressort académique, est un recteur qui perd en « substance décisionnelle ». Cela pose au moins deux types de problèmes. D’une part, cela pose une question d’organisation administrative dans la mesure où l’on contribue ainsi à éloigner de plus en plus le lieu de la prise de décision du terrain. En cela, c’est une reconcentration de l’administration d’Etat qui va à l’encontre de tous les grands principes de la décentralisation. D’autre part, cela aura inévitablement une nouvelle incidence sur l’évolution des profils des recteurs. Jusqu’à présent, et même si Emmanuel Macron a déjà augmenté récemment la part des recteurs qui ne sont pas docteurs de l’Université, comme un certain nombre de recteurs d’académie n’exerceront plus la compétence de chancelier des universités, ils n’auront plus besoin d’être titulaires d’un diplôme de doctorat. En cela, on fait de plus en plus de l’administration de l’Education nationale, une administration comme une autre où la place de la dimension pédagogique sera de plus en plus anecdotique.

Que de telles évolutions se fassent est déjà très problématique en soi. Qu’elles se fassent alors que le ministre de l’Education nationale est un parfait connaisseur du système éducatif, ancien recteur d’académie et ancien directeur général de l’enseignement scolaire, en dit long sur la manière dont on traite désormais les aspects pédagogiques. Mais surtout ne vous inquiétez pas : pendant la liquidation de l’Education nationale ; la communication continue !

Patrick HETZEL,
votre Député.

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