Accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire et anticiper un risque sanitaire et social majeur

Publié le 06/03/2026 dans les catégories Santé

Patrick Hetzel cosigne une proposition de loi visant à accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire et à anticiper un risque sanitaire et social majeur.

Toutes les deux minutes en France, un accident vasculaire cérébral ou un infarctus du myocarde survient. Derrière ce rythme implacable se dessine une trajectoire préoccupante : en l’absence d’une action résolue, le nombre de décès liés aux maladies cardio-neuro-vasculaires pourrait doubler à l’échelle mondiale d’ici 2050. Notre pays n’est pas à l’abri de cette dynamique, qui menace à la fois la santé de nos concitoyens et l’équilibre durable de notre modèle social.

Les maladies cardio-neuro-vasculaires constituent aujourd’hui l’un des principaux enjeux de santé publique dans notre pays. Deuxième cause de mortalité, première cause de handicap acquis chez l’adulte, elles représentent un fardeau humain, social et économique considérable, tout en demeurant largement évitables par une politique de prévention plus ambitieuse et mieux ciblée.

Cette proposition de loi part d’un constat partagé par l’ensemble des acteurs de santé et confirmé par les travaux récents de la Cour des comptes et de Santé publique France : notre système demeure insuffisamment armé pour le dépistage précoce, la sensibilisation et la maîtrise des principaux facteurs de risque cardiovasculaire, en particulier l’hypertension artérielle, le diabète et l’hypercholestérolémie. Ces carences alimentent des inégalités sociales et territoriales de santé et pèsent durablement sur la soutenabilité de notre modèle social.

Le texte propose des mesures simples, pragmatiques et proportionnées, visant à renforcer explicitement la place des maladies cardio-neuro-vasculaires dans les politiques nationales de prévention et de dépistage, ainsi qu’à mobiliser le milieu professionnel comme levier essentiel de sensibilisation, en complément des dispositifs existants et sans alourdir les obligations de la médecine du travail.

Ainsi, son article 1er renforce explicitement la place des maladies cardio-neurovasculaires dans les politiques nationales de prévention et de dépistage prévues par le code de la santé publique. Il vise à intégrer de manière obligatoire la sensibilisation au dépistage des maladies cardio-neuro-vasculaires et de leurs principaux facteurs de risque tels que hypertension artérielle, diabète et cholestérol dans les dispositifs existants, afin de favoriser un repérage plus précoce et un meilleur suivi tout au long de la vie. L’année dernière j’avais notamment eu l’occasion de proposer à tous les députés un dépistage de ces facteurs de risques au Palais Bourbon.

L’article 2 agit au niveau du milieu professionnel, en instaurant l’organisation annuelle d’une action de sensibilisation et de prévention spécifiquement liée aux facteurs de risque cardiovasculaire au bénéfice des salariés. Il reconnaît explicitement le rôle du tissu associatif de prévention et s’inscrit dans une démarche non médicalisée, complémentaire des obligations générales de prévention de l’employeur. Le lieu de travail devient ainsi un levier de diffusion de la prévention, agissant sur les modes de vie, l’information et la responsabilisation individuelle, sans alourdir la charge pesant sur la médecine du travail.