Loi de programmation pluriannuelle pour la recherche (LPPR)

Publié le 09/09/2020 dans les catégories Enseignement Sup & Recherche

Patrick Hetzel est l’orateur du groupe Les Républicains concernant le projet de loi recherche. Il considère que le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche, qui sera examiné en septembre 2020 à l’Assemblée nationale, suscite des attentes particulières bien légitimes de la part des chercheurs, mais également et c’est peut-être moins perceptible de la part d’un certain nombre d’acteurs notamment privés qui travaillent au quotidien avec ces chercheurs et contribuent à l’effort de recherche en France. Par ailleurs, et comme le rappelle le rapport annexe du projet de loi, les sciences du vivant et la santé revêtent un caractère singulier dans le champ de la recherche, et méritent par là même, une attention tout aussi particulière.

L’ambition affichée dès 2019 par le Président de la République et l’ancien Premier Ministre à l’endroit de la recherche française comme fleuron à préserver à tout prix pour demeurer une grande nation dans la compétition internationale a nourri beaucoup d’espoirs dans la communauté des chercheurs (tant publics que privés). L’un des enjeux majeurs identifié alors était la nécessité de décloisonner secteurs public et privé pour assurer un continuum allant de l’idée (recherche fondamentale) à la réalisation concrète de cette idée (recherche partenariale, transfert puis ensuite production). L’indépendance stratégique de la France reposant sur ces deux piliers que sont la recherche et la production. La crise du Covid-19 a eu l’occasion de nous rappeler brutalement cette réalité et d’en exacerber les effets. Force est de constater, à la lecture du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche présenté en conseil des ministres le 22 juillet dernier et examiné à l’Assemblée nationale en septembre, que la déception est immense à plusieurs titres :

- Le projet de loi manque singulièrement d’ambition,

- Les augmentations budgétaires significatives sont prévues à partir de 2027 et jusqu’en 2030, ce qui est très éloigné,

- Les acteurs privés ne sont que peu considérés tout au long du texte, leur rôle mais surtout leur contribution dans le champ de la recherche publique totalement ignorés et l’on pourrait dire que ce texte est « unijambiste » dans la mesure où il ne traite que de la recherche publique alors qu’il convient de traiter à la fois la recherche publique et la recherche privée,

- La question du décloisonnement public/privé n’est que timidement abordée alors même que les freins à ce décloisonnement sont encore importants,

- Rien n’est proposé pour réduire le « mille-feuille » qu’il soit administratif ou financier

Les enjeux sont pourtant considérables :

- Madame Frédérique Vidal a, lors de son audition par la mission d'information sur l'impact du Covid-19 de l'Assemblée nationale le 29 avril dernier, rappelé que l'investissement public dans la recherche représente dans environ tous les pays 1/3 de l'investissement global pour la recherche, précisant que les deux autres tiers étaient de l'investissement privé. Fort de ce constat, elle a ensuite indiqué que le gouvernement souhaitait « que la répartition reste la même et donc faire augmenter l'investissement privé en le faisant passer de 30 à 40 milliards. ».

- La crise du Covid-19 a abîmé plus encore qu’elle ne l’était la confiance de l’opinion publique dans la science ; la communication scientifique a largement perdu en crédibilité. L’ensemble des acteurs de la recherche auraient intérêt à travailler à l’unisson pour réhabiliter la valeur de la science, lever les freins au cloisonnement public/privé et créer de véritables dynamiques.

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