Une politique ambitieuse en faveur du transport fluvial

Publié le 07/05/2020 dans les catégories Economie Transports & Logement

Patrick Hetzel vient de prendre l’initiative d’une proposition de résolution visant à engager une politique offensive et ambitieuse en faveur du transport fluvial.

Notre pays constate dans la violence de cette crise du COVID-19 son extrême dépendance, principalement avec les pays du continent asiatique et plus particulièrement pour les produits de première nécessité. Notre économie, depuis des décennies, s’est engagée dans une politique de désindustrialisation se tournant vers les pays à faible coût de main d’œuvre. Nous avons remplacé notre activité de production par une activité de logistique pour acheminer aux consommateurs les produits fabriqués ailleurs.

Les grands ports maritimes reçoivent le flux des conteneurs. Le mode fluvial s’est adapté pour desservir les régions irriguées par les grands fleuves et la France dispose d’un fantastique réseau de canaux reliant les régions entre elles. La pandémie du COVID-19 laisse apparaître l’extrême fragilité de ce système. De nombreuses voix s’élèvent pour réfléchir à une réindustrialisation. Va-t-on connaître une modification structurelle de notre économie et de ses besoins de transport ?

Si le flux de marchandises en provenance d’Asie tend à décroître, les professionnels du fluvial devront s’adapter à de nouveaux trafics notamment européens. Pour que ce mode de transport franchisse un cap, il sera nécessaire de répondre à l’évolution de ses besoins en matière d’infrastructure, de logistique, de modernité des bateaux et d’adaptation des unités de transport intermodal à tous types de trafic. Une telle adaptation sera aussi de nature à répondre à une exigence de transition énergétique.

A ce jour, le secteur du transport compte pour près de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en France, en augmentation de 30 % par rapport à 2012. La part du transport routier de marchandises représente 43 % des émissions totales. Celle du fluvial est toute faible, compte tenu de sa place dans la réalité de la logistique d’aujourd’hui et de son efficacité énergétique à la tonne transportée (une barge porte beaucoup plus de volume et de masse qu’un camion, à surface égale). Les barges et péniches comptent pour à peine 1 % des émissions du secteur du transport.

Le basculement d’une partie significative des flux de marchandises de la route vers la voie d’eau permet de diviser par quatre la production de gaz à effet de serre. Aussi, pour répondre à cette urgence économique et climatique, il paraît nécessaire d’engager une politique offensive et ambitieuse en faveur du transport fluvial.

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